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Fiche de cours gratuite

La politique monétaire

Économie générale et statistiques · 2 Bac Éco

2ème année baccalauréat - Sciences Économiques

1Objectifs du cours

Ce cours vise à doter l'élève de 2ème année baccalauréat, filière Sciences économiques, des compétences nécessaires pour comprendre, analyser et évaluer la politique monétaire au Maroc, conformément aux exigences de l'Examen National du Baccalauréat.

Compétences visées à l'issue du cours

Définir et situer

:

Définir la politique monétaire et la situer comme composante de la politique économique conjoncturelle, aux côtés de la politique budgétaire.

Identifier l'autorité monétaire

:

Identifier Bank Al-Maghrib (BAM) comme banque centrale du Maroc, en précisant ses missions fondamentales : émission de la monnaie, conduite de la politique monétaire, supervision bancaire et gestion des réserves de change.

Distinguer les objectifs

:

Distinguer l'objectif final de la politique monétaire — la stabilité des prix (maîtrise de l'inflation) — des objectifs intermédiaires : contrôle de la masse monétaire, pilotage du taux d'intérêt et du taux de change.

Décrire les instruments indirects

:

Décrire et expliquer les quatre instruments indirects dont dispose BAM : le taux directeur, la réserve obligatoire, les opérations d'open market et les facilités permanentes.

Comparer les orientations

:

Différencier la politique monétaire expansive (accommodante) et la politique monétaire restrictive (de rigueur), et analyser leurs effets respectifs sur le crédit, l'investissement, la consommation et les prix.

Évaluer les limites et le policy-mix

:

Identifier les limites internes et externes de la politique monétaire et comprendre l'intérêt du policy-mix, c'est-à-dire la coordination de la politique monétaire avec la politique budgétaire pour atteindre les grands équilibres macroéconomiques.

Ces six compétences correspondent aux exigences du programme officiel marocain d'Économie générale de la 2ème année baccalauréat (Sciences économiques) et aux critères d'évaluation de l'Examen National du Baccalauréat. Chaque section du cours est construite pour faire acquérir l'une de ces compétences, en progressant du plus général (la définition et le cadre institutionnel) vers le plus analytique (les effets, les limites et la coordination des politiques économiques).

Compétence

Section correspondante dans le cours

Niveau d'exigence au bac

Définir la politique monétaire et la situer

Section 3 — Définition et place

Restitution / Explication

Identifier BAM et ses missions

Section 3 — Définition et place

Restitution / Identification

Distinguer objectif final et objectifs intermédiaires

Section 4 — Les objectifs

Explication / Distinction

Décrire les instruments indirects de BAM

Section 5 — Les instruments

Explication / Application

Comparer politiques expansive et restrictive

Section 6 — Expansive vs restrictive

Analyse / Comparaison

Évaluer les limites et le policy-mix

Sections 7 et 8 — Limites et policy-mix

Analyse / Évaluation

Tableau de correspondance entre les compétences visées, les sections du cours et les niveaux d'exigence attendus à l'Examen National du Baccalauréat.

Lien avec le programme officiel MA

Ce cours s'inscrit dans l'axe « Politiques économiques » du programme officiel de 2ème année baccalauréat, filière Sciences économiques, tel que défini par le ministère de l'Éducation nationale du Maroc (édition 2025-2026).

La politique monétaire est traitée en articulation avec la politique budgétaire (abordée dans un chapitre distinct), les deux formant ensemble le cadre de la politique économique conjoncturelle.

L'étude porte exclusivement sur le contexte marocain, avec BAM comme acteur central, tout en mobilisant les concepts macroéconomiques généraux (monnaie, inflation, crédit, taux d'intérêt) déjà introduits en 1ère année baccalauréat.

2Prérequis indispensables

Avant d'aborder la politique monétaire, il est nécessaire de maîtriser quelques notions fondamentales d'économie générale qui constituent le socle de compréhension de ce cours.

PIB (Produit Intérieur Brut)

Valeur totale de tous les biens et services finaux produits sur le territoire national au cours d'une période donnée (généralement une année). Il mesure la richesse créée par l'économie nationale et sert d'indicateur principal de la croissance économique.

Inflation

Hausse générale et durable du niveau des prix, mesurée par l'Indice des Prix à la Consommation (IPC). Elle érode le pouvoir d'achat des ménages et perturbe les décisions économiques. Au Maroc, Bank Al-Maghrib (BAM) veille à maintenir un taux d'inflation bas et stable.

Chômage

Situation des personnes en âge de travailler, disponibles, qui recherchent un emploi mais n'en trouvent pas. Le taux de chômage est calculé en rapportant le nombre de chômeurs à la population active totale.

Balance des paiements

Document comptable qui enregistre l'ensemble des transactions économiques et financières entre les résidents d'un pays et le reste du monde sur une période donnée. Elle comprend le compte courant (biens, services, transferts) et le compte financier (flux de capitaux).

Ces quatre grandeurs — PIB, inflation, chômage, balance des paiements — constituent les agrégats macroéconomiques de référence utilisés pour analyser la conjoncture économique, c'est-à-dire l'état de l'économie à court terme. Toute politique économique, y compris la politique monétaire, vise à agir sur l'un ou plusieurs de ces agrégats.

Les trois fonctions de la monnaie

Unité de compte

:

La monnaie permet d'exprimer la valeur de tous les biens et services dans une unité commune (le dirham au Maroc). Elle facilite la comparaison des prix et la mesure des échanges.

Intermédiaire des échanges

:

La monnaie sert d'instrument de paiement universellement accepté, éliminant les contraintes du troc (double coïncidence des besoins).

Réserve de valeur

:

La monnaie permet de conserver du pouvoir d'achat dans le temps. Cette fonction est fragilisée par l'inflation : plus l'inflation est élevée, moins la monnaie conserve sa valeur.

Les formes de la monnaie

Monnaie fiduciaire

:

Ensemble des billets de banque et des pièces de monnaie en circulation. Elle est émise exclusivement par Bank Al-Maghrib, qui détient le monopole de l'émission.

Monnaie scripturale

:

Dépôts à vue inscrits dans les comptes bancaires, mobilisables par chèques, virements, cartes bancaires. Représente la part la plus importante de la masse monétaire en circulation au Maroc.

Création monétaire par le crédit

Principe

:

Les banques commerciales créent de la monnaie scripturale lorsqu'elles accordent des crédits : « les crédits font les dépôts ». Chaque prêt accordé se traduit par une inscription au crédit du compte du client, augmentant ainsi la masse monétaire en circulation.

Contrôle

:

Bank Al-Maghrib régule cette création monétaire via ses instruments de politique monétaire (taux directeur, réserves obligatoires) afin d'éviter une expansion excessive du crédit susceptible de générer de l'inflation.

Marché monétaire

Marché sur lequel les banques commerciales échangent des liquidités à court terme entre elles et se refinancent auprès de Bank Al-Maghrib. C'est le canal principal par lequel BAM injecte ou retire des liquidités dans l'économie, en fixant le taux directeur (taux auquel elle prête aux banques).

Lorsqu'une banque commerciale manque de liquidités, elle peut emprunter sur le marché monétaire, soit auprès d'autres banques (marché interbancaire), soit directement auprès de Bank Al-Maghrib lors des appels d'offres hebdomadaires. Le taux directeur fixé par BAM influence ainsi le coût du refinancement des banques, et par répercussion, le niveau des taux d'intérêt appliqués aux entreprises et aux ménages.

Le carré magique de Kaldor est une représentation graphique des quatre grands objectifs de la politique économique conjoncturelle. Il permet de visualiser simultanément les performances d'une économie selon ces quatre dimensions et d'identifier les arbitrages (trade-offs) que les autorités économiques doivent opérer.

Objectif

Indicateur de mesure

Situation favorable

Croissance économique

Taux de croissance du PIB réel

Taux de croissance élevé et soutenu

Plein emploi

Taux de chômage

Taux de chômage faible (proche de 0 %)

Stabilité des prix

Taux d'inflation (IPC)

Taux d'inflation bas et stable (≈ 2 %)

Équilibre extérieur

Solde de la balance des paiements courants

Solde équilibré ou légèrement excédentaire

Les quatre objectifs du carré magique de Kaldor et leurs indicateurs respectifs.

Conflits entre objectifs de Kaldor

Croissance vs Inflation

:

Une politique de relance stimule la croissance mais risque de générer de l'inflation si la demande dépasse les capacités de production.

Stabilité des prix vs Chômage

:

Une politique restrictive (hausse des taux) réduit l'inflation mais peut freiner l'investissement et accroître le chômage (relation illustrée par la courbe de Phillips).

Croissance vs Équilibre extérieur

:

Une forte croissance stimule les importations et peut dégrader la balance courante, créant un déficit commercial.

Politique budgétaire

Politique économique menée par l'État consistant à agir sur l'activité économique via les dépenses publiques (investissements, transferts sociaux, salaires des fonctionnaires) et la fiscalité (impôts, taxes). Elle est conduite par le gouvernement à travers la loi de finances annuelle.

Dépenses publiques

Ensemble des dépenses engagées par l'État et les collectivités territoriales : dépenses de fonctionnement (salaires, achats courants) et dépenses d'investissement (infrastructures, équipements). Une hausse des dépenses publiques a un effet de relance sur l'activité économique.

Fiscalité

Ensemble des prélèvements obligatoires (impôts directs comme l'IR et l'IS, impôts indirects comme la TVA) effectués par l'État sur les agents économiques. Une baisse de la pression fiscale augmente le revenu disponible des ménages et stimule la demande.

La compréhension de ces notions budgétaires est indispensable pour analyser le policy-mix, c'est-à-dire la combinaison et la coordination entre la politique monétaire (conduite par Bank Al-Maghrib) et la politique budgétaire (conduite par le gouvernement). Ces deux politiques peuvent se compléter ou s'opposer dans leurs effets sur l'économie, ce qui sera étudié en détail dans la section correspondante.

Récapitulatif des prérequis essentiels

Agrégats macroéconomiques : PIB, inflation, chômage, balance des paiements — indicateurs clés de la conjoncture économique.

La monnaie : ses trois fonctions (unité de compte, intermédiaire des échanges, réserve de valeur), ses deux formes principales (fiduciaire et scripturale) et la création monétaire par le crédit bancaire.

Le marché monétaire : lieu de refinancement des banques commerciales et principal canal d'intervention de Bank Al-Maghrib.

Le carré magique de Kaldor : quatre objectifs de la politique économique conjoncturelle et conflits potentiels entre eux.

Politique budgétaire : dépenses publiques et fiscalité comme leviers d'action de l'État sur l'économie.

Plan du chapitre

Sur cette page

  1. 1Objectifs du cours
  2. 2Prérequis indispensables

Dans la classe

  1. 3Définition et place de la politique monétaire dans la politique économique
  2. 4Les objectifs de la politique monétaire
  3. 5Les instruments indirects de Bank Al-Maghrib
  4. 6Politique monétaire expansive et politique monétaire restrictive
  5. 7Les limites de la politique monétaire
  6. 8Le policy-mix : coordination de la politique monétaire et de la politique budgétaire
  7. 9Méthodes pour réussir les épreuves sur la politique monétaire
  8. 10L'essentiel à retenir

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