1Objectifs du cours
Ce cours vise à développer les compétences linguistiques et argumentatives de l'élève de 1ère année baccalauréat en matière de connecteurs logiques, conformément au programme officiel marocain.
Compétences visées à l'issue du cours
Identifier
Reconnaître et classer les différents types de connecteurs logiques dans un texte argumentatif, explicatif ou narratif.
Comprendre
Saisir la valeur sémantique précise de chaque connecteur : cause, conséquence, opposition, concession, addition, but, condition, comparaison, énumération.
Utiliser
Employer à bon escient les connecteurs logiques pour articuler ses idées de façon cohérente dans les productions écrites et orales.
Transformer
Passer d'une relation logique à une autre en adaptant le connecteur choisi et la structure syntaxique de la phrase.
Maîtriser
Appliquer les règles de mode verbal (indicatif / subjonctif) et de ponctuation associées à l'emploi correct des connecteurs.
Produire
Rédiger des textes argumentatifs et des synthèses structurés, en mobilisant les connecteurs comme outils de cohérence et de progression du discours.
Ces objectifs s'inscrivent dans le cadre du programme officiel marocain de 1ère année baccalauréat (2025-2026), qui place la maîtrise des outils de la langue au service de la compréhension et de la production de textes. Les connecteurs logiques constituent un point de langue transversal : ils interviennent aussi bien dans l'expression écrite (compositions, synthèses, résumés) que dans l'expression orale.
Objectif | Ce que l'élève sera capable de faire | Type de compétence |
|---|---|---|
Identifier les connecteurs | Repérer et nommer un connecteur dans un texte donné | Compréhension / lecture |
Comprendre la valeur sémantique | Dire ce que traduit le connecteur (cause, but, opposition…) | Analyse linguistique |
Utiliser à bon escient | Choisir le connecteur approprié selon le sens voulu | Production écrite / orale |
Transformer une relation logique | Réécrire une phrase en changeant de connecteur sans changer le sens | Syntaxe / réécriture |
Maîtriser le mode verbal | Conjuguer correctement après les locutions conjonctives | Grammaire |
Produire des textes structurés | Rédiger un paragraphe argumentatif cohérent et articulé | Expression écrite |
La progression du cours suit une logique du plus simple au plus complexe : on part de la définition et de la reconnaissance des connecteurs, pour aller jusqu'à leur utilisation autonome dans des productions personnelles. Chaque objectif prépare le suivant, ce qui rend indispensable de traiter les sections dans l'ordre proposé.
2Prérequis indispensables
Avant d'étudier les connecteurs logiques, il est nécessaire de maîtriser quelques notions grammaticales de base qui conditionnent la compréhension des mécanismes de liaison et de structuration.
Phrase simple
Phrase qui contient un seul verbe conjugué et donc une seule proposition. Ex. : « Le soleil brille. »
Phrase complexe
Phrase qui contient plusieurs verbes conjugués et donc plusieurs propositions reliées entre elles. Ex. : « Le soleil brille parce que le ciel est dégagé. »
Proposition indépendante
Proposition qui ne dépend d'aucune autre et qui n'en commande aucune ; elle peut constituer à elle seule une phrase. Ex. : « Il pleut. »
Proposition principale
Proposition qui commande une ou plusieurs propositions subordonnées ; elle a un sens complet mais est grammaticalement liée à la subordonnée. Ex. : « Je sais » dans « Je sais qu'il viendra. »
Proposition subordonnée
Proposition qui dépend d'une proposition principale et qui lui est rattachée par un mot subordonnant (conjonction, pronom relatif, etc.). Ex. : « qu'il viendra » dans « Je sais qu'il viendra. »
La distinction entre phrase simple et phrase complexe est fondamentale : les connecteurs logiques n'ont de sens que dans une phrase complexe, puisqu'ils servent précisément à relier des propositions ou des phrases entre elles. Sans cette base, il est impossible de comprendre pourquoi et comment un connecteur s'insère dans un énoncé.
Coordination
Définition
La coordination relie des éléments de même nature grammaticale (deux noms, deux adjectifs, deux propositions indépendantes) sur un plan d'égalité, sans que l'un dépende syntaxiquement de l'autre.
Conjonctions de coordination
Les sept conjonctions de coordination à retenir : mais, ou, et, donc, or, ni, car (moyen mnémotechnique : mais ou et donc or ni car).
Exemple
« Il travaille dur, donc il réussit. » — deux propositions indépendantes reliées par donc (conséquence).
Subordination
Définition
La subordination relie une proposition subordonnée à une proposition principale : la subordonnée dépend de la principale et ne peut pas exister seule.
Conjonctions de subordination (exemples)
parce que (cause), bien que (concession — suivi du subjonctif), si (hypothèse), quand / lorsque (temps), pour que (but), de sorte que (conséquence).
Exemple
« Il réussit **parce qu'**il travaille dur. » — parce qu'il travaille dur est la subordonnée causale ; il réussit est la principale.
Il est indispensable de distinguer coordination et subordination, car ces deux mécanismes déterminent le type de connecteur à employer et la construction grammaticale qui en découle (mode du verbe, place dans la phrase, ponctuation).
Catégorie grammaticale | Exemples | Fonction dans la phrase |
|---|---|---|
Conjonctions de coordination | mais, ou, et, donc, or, ni, car | Relient des éléments de même nature (coordination) |
Conjonctions de subordination | parce que, bien que, si, quand, pour que, de sorte que | Introduisent une proposition subordonnée (subordination) |
Adverbes de liaison | cependant, néanmoins, pourtant, ainsi, donc, alors | Relient deux phrases ou deux propositions indépendantes |
Locutions adverbiales | en effet, c'est pourquoi, par conséquent, en revanche, d'une part…d'autre part | Expriment une relation logique entre deux énoncés |
Ponctuation et connecteurs
La virgule ( , )
Utilisée avant une conjonction de coordination (sauf et, ou, ni en liste simple) et pour encadrer un adverbe de liaison en début ou milieu de phrase. Ex. : « Il a étudié ; cependant, il a échoué. »
Le point-virgule ( ; )
Sépare deux propositions indépendantes fortement liées par le sens avant un adverbe de liaison. Ex. : « Il faisait froid ; pourtant, ils sont sortis. »
Le point ( . )
Marque la fin d'une phrase. Certains adverbes de liaison comme ainsi, c'est pourquoi, en effet peuvent débuter une nouvelle phrase après un point. Ex. : « Il a travaillé sans relâche. Ainsi, il a décroché son diplôme. »
La maîtrise de la ponctuation est indissociable de l'emploi des connecteurs : une virgule mal placée ou un point-virgule absent peut modifier le sens ou rendre la phrase grammaticalement incorrecte. Un élève de 1re bac doit être capable d'identifier, dans une phrase complexe, quelle proposition est principale, quelle proposition est subordonnée, et quel signe de ponctuation accompagne le connecteur employé.
Points de vigilance
bien que et pour que exigent le subjonctif dans la proposition subordonnée : « Bien qu'il soit fatigué, il continue. »
donc peut être une conjonction de coordination (entre deux propositions) ou un adverbe de liaison (en début de phrase après un point) : les deux emplois sont corrects mais la ponctuation diffère.
Les adverbes de liaison (cependant, pourtant, néanmoins…) ne sont pas des conjonctions : ils ne peuvent pas, seuls, créer une subordonnée ; ils relient des propositions ou des phrases syntaxiquement indépendantes.
Ne pas confondre or (conjonction de coordination introduisant une nuance logique) et or dans le sens temporel courant : en français de l'argumentation, or introduit une donnée nouvelle dans un raisonnement.
Plan du chapitre
Sur cette page
Dans la classe
- 3Définitions essentielles : nature et rôle des connecteurs
- 4Les relations logiques et leurs connecteurs
- 5Règles grammaticales et de ponctuation à maîtriser
- 6Méthodes pour identifier, choisir et transformer les connecteurs
- 7Application : exercices résolus pas à pas
- 8L'essentiel à retenir
